Méthode

Méthodologie

Pro­pos­er aux enfants une méth­ode de flûte à bec facile, ludique, attrac­tive et effi­cace a été notre objec­tif. Notre méth­ode s’appuie sur un con­stat sim­ple et évi­dent : la musique est un lan­gage.
Donc la meilleure façon de l’enseigner est de recréer les con­di­tions d’apprentissage de la langue mater­nelle. En immer­sion, par l’écoute et l’imitation.
C’est pourquoi, il est si impor­tant que l’enfant écoute chaque jour les CD de référence.
C’est la pre­mière et la plus impor­tante des règles.
(Les détails de notre méthodolo­gie sont expliqués dans les con­seils péd­a­gogiques ci-dessous.)
Pour per­me­t­tre aux enfants de dévelop­per leurs apti­tudes artis­tiques, il était essen­tiel de leur offrir des enreg­istrements et des inter­pré­ta­tions de grande qual­ité.
Les arrange­ments sont écrits de façon à soutenir les appren­tis musi­ciens sur le plan ryth­mique et mélodique. Les accom­pa­g­ne­ments créent un envi­ron­nement har­monique riche qui développe l’aptitude et le bon­heur d’écouter. Ils don­nent la sen­sa­tion de faire par­tie d’un tout har­monique.
Puis, d’années en années, pour encore agré­menter le tout, nous avons inven­té des jeux,
des représen­ta­tions graphiques et une nota­tion musi­cale orig­i­nale*.
Au fil du temps, nous avons été récom­pen­sées. Nous avons joué avec des cen­taines d’enfants et éprou­vé joie et émo­tion en voy­ant naître l’enthousiasme et le plaisir de faire de la musique ensem­ble. Emer­veil­lées, nous avons assisté à l’éclosion de nom­breux tal­ents.
Enfin, au moment de tra­vailler à l’édition de ce pre­mier recueil, la chance nous a souri en la per­son­ne de Marie Wabbes qui a dess­iné des illus­tra­tions char­mantes.

Cather­ine Verkindere et Paule Van den Driess­che.

*Les sys­tèmes de nota­tion musi­cale et de représen­ta­tion graphique des morceaux sont déposés
et donc pro­tégés par les droits d’auteur.

Quelques conseils pédagogiques

Ecouter, imiter
L’enfant écoutera des enreg­istrements de référence, joués par un maître, ce qui lui per­me­t­tra d’imiter la voix du maître. Les enreg­istrements de ce recueil seront écoutés chaque jour. C’est la règle la plus impor­tante

Jouer, s’amuser, par­ticiper
On dit « jouer » de la musique
Avant l’âge dit de rai­son, l’enfant apprend tout par le jeu et l’imitation
Avec les petits enfants, il faut pro­scrire les notions de tra­vail
La musique est pour l’enfant un jeu dans lequel la con­trainte ne peut avoir sa place

Le cours doit être léger
Si l’enfant ne réus­sit pas un exer­ci­ce au bout de trois fois, il ne faut jamais insis­ter ni s’appesantir. Si l’élève n’a pas com­pris ou est inca­pable de réalis­er un exer­ci­ce, c’est au pro­fesseur à s’interroger. Peut-être l’exercice est-il venu trop tôt ou peut-être est-il trop com­pliqué.
Il pour­ra être repris plus tard et peut-être la dif­fi­culté devra-t-elle être scindée en plusieurs exer­ci­ces.

Répéter
Si la répéti­tion est la base de l’apprentissage, j’ai pu con­stater que trois répéti­tions d’un même exer­ci­ce ou for­mule suff­isent à faire pro­gress­er l’élève. Et en tous cas pour de jeunes enfants, répéter plus de trois fois provoque ennui et dés­in­térêt.

Les cours indi­vidu­els
Ils peu­vent être très courts.
Par­fois, avec de très jeunes enfants, une leçon de quelques min­utes pour­ra suf­fire à con­di­tion toute­fois que l’enfant assiste chaque semaine, même pas­sive­ment, au cours d’élèves de son niveau ou plus avancés.

Les cours col­lec­tifs
Les cours col­lec­tifs auront lieu très régulière­ment, si pos­si­ble une fois par semaine. Ce sera l’occasion pour l’enfant d’apprendre en s’amusant, de décou­vrir, de par­ticiper et d’écouter les autres

Les con­certs
Au moins une fois par mois, pour tous les élèves, même débu­tants.
C’est une occa­sion de plaisir : l’enfant sera fier de jouer en pub­lic.
Il se peut toute­fois que, lors des pre­miers con­certs, l’enfant soit intimidé et ne souhaite pas jouer.
S’il est très impor­tant de respecter ce souhait, je con­seille cepen­dant à tous les par­ents et à tous les enfants d’assister assidu­ment à tous les con­certs, même si l’enfant a déclaré ne pas vouloir jouer. Après un ou plusieurs con­certs chaque enfant, même le plus timide, souhait­era jouer avec les autres.
Et enten­dre d’autres enfants plus avancés, cela pro­duit sou­vent ce que j’ai appelé « l’effet loco­mo­tive ».

L’écriture de la langue musi­cale
Pour com­pren­dre la place du solfège dans l’étude de la musique, il faut analyser la rela­tion des langues avec l’écrit.
Le solfège est à la musique ce qu’est l’écrit d’une langue à la parole de celle-ci.
Il est évi­dent que la gram­maire et l’écriture d’une langue ne peu­vent être enseignées que si l’enfant maîtrise déjà suff­isam­ment bien le par­lé de sa langue mater­nelle.
De la même manière, la lec­ture de la musique ne peut être enseignée que lorsque l’enfant a acquis une bonne maîtrise du jeu musi­cal.

A pro­pos de la nota­tion musi­cale orig­i­nale* util­isée dans le livre de l’élève
J’ai priv­ilégié un sys­tème très sim­ple qui per­met à l’enfant d’associer chaque son avec son doigté. Chaque note est représen­tée par une image fig­u­rant le doigté à faire. Je con­seille égale­ment d’y associ­er une couleur et bien enten­du d’utiliser tou­jours la même couleur pour la même note.
Ensuite, pour l’élève débu­tant, j’ai volon­taire­ment sim­pli­fié la nota­tion musi­cale en sup­p­ri­mant tous les élé­ments non sig­ni­fi­cat­ifs pour lui. J’ai donc retiré les indi­ca­tions de mesure, de tem­po, la clé de sol, les bar­res de mesures.
Et j’ai priv­ilégié la représen­ta­tion des phras­es au découpage métrique des mesures.

A pro­pos des couleurs
Dans le livre de l’enfant, j’ai pro­posé un sys­tème de couleurs pour faciliter la lec­ture des notes.
Evidem­ment le choix des couleurs est aléa­toire et donc libre.
Cepen­dant il importe d’utiliser une seule et même couleur pour chaque note de la gamme.
L’association couleur/son/doigté per­met d’aborder rapi­de­ment avec facil­ité la lec­ture de la flûte sopra­no et ensuite de la flûte alto. Pour abor­der la lec­ture de la flûte alto, il suf­fit de garder la même couleur pour un même doigté. Ain­si le rouge qui indique le sol de la sopra­no indi­quera le do de l’alto.

Jouer de mémoire
La mémoire s’entraine dès le plus jeune âge.
Dès le début, les cours se don­neront sans par­ti­tions.
La par­ti­tion est sim­ple­ment un aide-mémoire pour les par­ents, en quelque sorte un pro­fesseur qui irait à la mai­son. Les élèves joueront tou­jours de mémoire même si le pro­fesseur peut pro­gres­sive­ment établir une référence à l’écrit.

Pourquoi et com­ment revoir des morceaux déjà con­nus
Revoir et rejouer de mémoire des morceaux déjà maîtrisés per­met un appro­fondisse­ment et surtout offre la pos­si­bil­ité d’aborder des nou­velles tech­niques.
Par exem­ple les morceaux 9 « Marie a un p’tit mou­ton » et 15 « Ah ! Vous dirais-je maman » peu­vent servir de base pour abor­der d’innombrables aspects musi­caux et tech­niques. Par exem­ple : le lega­to, le stac­ca­to, la res­pi­ra­tion, la justesse, le vibra­to, les doigtés de sub­sti­tu­tion, dif­férentes artic­u­la­tions en util­isant des vari­a­tions ryth­miques, dif­férentes gammes, etc. Ain­si, quand l’élève abor­dera la gamme de do, je sug­gère de rejouer d’oreille les pre­miers morceaux du pre­mier cahi­er dans cette nou­velle gamme.

Com­ment accom­pa­g­n­er un élève débu­tant
Il faut imag­in­er que vous aidez un tout petit enfant à faire ses pre­miers pas.
Il faut tou­jours com­mencer par dou­bler la mélodie, en le prenant en quelque sorte
« gen­ti­ment par la main », c.à.d. sans jamais lui imprimer une allure oblig­a­toire.
Ce n’est que pro­gres­sive­ment qu’il sera capa­ble de suiv­re un tem­po et de jouer une mélodie sans que celle-ci soit dou­blée.

Pour les petits
Avec les petits enfants je con­seille de com­mencer par la flûte soprani­no.
Les trous de la flûte soprani­no étant très petits, l’enfant les bouchera beau­coup plus facile­ment. Bien enten­du, puisque l’enfant imit­era les sons enten­dus, le pro­fesseur et le par­ent devront égale­ment jouer de la flûte soprani­no.
Ensuite, rapi­de­ment et facile­ment l’enfant passera à la flûte sopra­no.

S’asseoir
Avec les petits enfants, je recom­mande de s’asseoir à même le sol, sur un tapis, en rond s’ils sont plusieurs.
Les petits enfants s’assoient volon­tiers sur leurs talons « à la japon­aise » et cela facilite beau­coup leur écoute et leur con­cen­tra­tion.

Les pre­miers jeux
Sim­ple­ment en ten­ant unique­ment la tête de la flûte avec la main droite (sans le corps de l’instrument), l’enfant peut déjà s’amuser avec un jeu de répéti­tion, d’imitation. Le pro­fesseur joue une for­mule et l’enfant la répète.
Avec toutes sortes d’articulations et de rythmes : t, tk, td, ttd, rrrr.
Ensuite, évidem­ment invers­er les rôles.

Le mot des auteures

Tous les enfants du monde par­lent leur langue mater­nelle, naturelle­ment et avec facil­ité. La musique est un lan­gage qui s’apprend de la même manière que la langue mater­nelle.
Le rôle des par­ents et du pro­fesseur est de créer autour de l’enfant des con­di­tions d’imprégnation et d’apprentissage iden­tiques à celles de la langue mater­nelle. Avec amour et respect du rythme pro­pre à chaque enfant, sans idée de per­for­mance ni de com­péti­tion. Avec patience, en favorisant le jeu et la créa­tiv­ité.
La musique passe par l’oreille et s’apprend d’abord par l’écoute et ce dès le berceau. En immer­sion. Par imi­ta­tion. Ceci est la pre­mière et la plus impor­tante des règles. C’est le pre­mier com­man­de­ment du musi­cien, sans lequel rien n’est pos­si­ble.
Depuis plus de trente ans, j’enseigne la musique en respec­tant les principes décrits ici. Pour mon plus grand bon­heur et celui de mes élèves.
Tel un jar­dinier émer­veil­lé j’ai assisté à l’éclosion de nom­breux tal­ents.